À 63 ans, Mohamed Rabie Khlie dirige l’Office national des chemins de fer (ONCF) depuis plus de deux décennies. Nommé à la tête de l’Office en 2004, il incarne une longue période de continuité à la direction d’une institution stratégique, alors que le Maroc prépare son réseau ferroviaire aux grands rendez-vous de 2030.
Dans une analyse consacrée au patron de l’ONCF, Jeune Afrique revient sur cette longévité exceptionnelle et sur les transformations opérées au sein du réseau ferroviaire marocain sous sa direction. Modernisation des infrastructures, extension du réseau et mise en service de la ligne à grande vitesse ont profondément changé le paysage ferroviaire du Royaume.
L’arrivée d’Al Boraq a notamment marqué une étape majeure dans cette transformation. Le projet a également contribué à positionner le Maroc parmi les pays africains disposant d’une infrastructure ferroviaire à grande vitesse.
Mais le prochain défi est d’une autre dimension. À l’approche de la Coupe du monde 2030, que le Maroc coorganisera avec l’Espagne et le Portugal, l’ONCF est appelé à accompagner une montée en puissance considérable des déplacements entre les principales villes du Royaume.
Le projet d’extension de la ligne à grande vitesse vers Marrakech constitue l’un des principaux axes de cette nouvelle phase. Il s’inscrit dans une stratégie plus large visant à renforcer la capacité du réseau, améliorer la mobilité interurbaine et préparer les infrastructures aux besoins liés aux grands événements internationaux.
Cette ambition implique toutefois des investissements considérables. Jeune Afrique souligne ainsi les enjeux liés au modèle économique et financier de l’Office, alors que le développement accéléré du réseau impose de trouver un équilibre entre investissements, financement et pérennité financière.
La transformation institutionnelle de l’ONCF constitue également un autre dossier sensible. Le passage vers un statut de société anonyme figure depuis plusieurs années parmi les chantiers de réforme évoqués autour de l’Office, avec des implications importantes en matière de gouvernance, de financement et de fonctionnement.
Après plus de 22 ans à la tête de l’établissement, Mohamed Rabie Khlie aborde donc une nouvelle séquence de son mandat. L’enjeu n’est plus seulement de moderniser le réseau ferroviaire, mais de faire évoluer l’ONCF vers un modèle capable d’accompagner les ambitions du Maroc à l’horizon 2030.
Entre extension du réseau à grande vitesse, développement du transport régional, renforcement de l’industrie ferroviaire et recherche de nouveaux équilibres financiers, la prochaine étape s’annonce déterminante pour l’Office.
À travers le parcours de Mohamed Rabie Khlie, c’est ainsi une partie de la transformation du rail marocain qui se dessine : celle d’un réseau progressivement modernisé, désormais appelé à franchir une nouvelle étape pour répondre aux exigences de la décennie 2030.








