Akhannouch… l’homme qui voulait monopoliser jusqu’à l’oxygène au Maroc
Autrefois… le paysage politique au Maroc ressemblait à un marché ouvert : chaque parti avait sa marchandise, chaque auteur sa plume et chaque journaliste son audace dans la recherche et l’investigation. Le pluralisme politique et médiatique semblait alors une réalité tangible, et non un simple slogan.
Aujourd’hui, le paysage a complètement changé. Ce qui était une mer où les embarcations se croisaient est devenu un petit bassin où ne flotte plus qu’un seul bateau… appartenant à un seul homme, Aziz Akhannouch, chef du gouvernement. Il a réussi, de manière frappante, à étendre son emprise sur les moyens de publication, comme s’il disait : le microphone n’appartient qu’à moi.
Malgré l’ère d’Internet, de Facebook, d’Instagram et des dizaines de sites d’information qui naissent chaque jour, le sentiment dominant est celui d’un recul progressif de la liberté. La peur et l’autocensure marquent désormais l’époque, comme si nous vivions dans une pièce aux fenêtres fermées alors que le monde autour de nous reste ouvert.
Le paradoxe est que nous disposons de dizaines de journaux, de centaines de sites, d’innombrables auteurs d’opinion et blogueurs, mais que la diversité des voix s’est réduite. Le paysage ressemble à une salle pleine d’un public silencieux, attendant la parole de « l’éditeur unique » avant de respirer.
Akhannouch n’est plus seulement chef du gouvernement : il est l’annonceur, l’éditeur, celui qui contrôle les plateformes et l’humeur générale. Comme un grand commerçant qui monopolise le marché, il ne laisse que des miettes aux petits, et même celui qui souhaite vendre deux mots se retrouve à devoir obtenir sa permission.
L’ironie ne tient pas à sa réussite ou à son échec politique, mais au fait qu’il détient à la fois les leviers du pouvoir et les clés de l’information. Il laisse passer ce qui lui convient et enterre ce qui lui déplaît sous les décombres du silence.
Les Marocains ne manquent pas de tribunes, mais d’une véritable diversité d’opinions. Ils ont besoin que le microphone revienne à tous et de retrouver le droit de dire ce qu’ils veulent, sans peur ni calculs compliqués.
Peut-être l’histoire remettra-t-elle les choses à leur place : la voix étouffée aujourd’hui pourrait s’élever demain, plus forte que celle de l’éditeur unique lui-même.





