Le Parti populaire espagnol a durci son discours sur Ceuta, plaçant le Maroc et le gouvernement de Pedro Sánchez au centre de nouvelles critiques politiques et sécuritaires. Madrid cherche, dans le même temps, à gérer avec prudence les dossiers de l’immigration, de la sécurité et de ses relations avec Rabat.
Une voix du Parti populaire a affirmé que ce qu’elle qualifie d’« invasion » de Ceuta n’aurait pas eu lieu sans l’autorisation du côté marocain. Elle a tenu le gouvernement Sánchez pour responsable des événements, estimant que sa gestion des relations avec Rabat avait contribué à compliquer la situation dans la ville.
Ce discours ne s’est pas limité à mettre en cause le gouvernement central. Il a présenté les événements comme une « crise d’État » persistante, directement liée à la politique espagnole envers le Maroc et à la nature des relations entre Madrid et Rabat.
Le Parti populaire a salué la position du président du gouvernement de Ceuta, Juan Vivas, considérant ses initiatives comme une défense ferme des intérêts de la ville et un refus de ce qu’il décrit comme les concessions du gouvernement central.
À travers ce discours, le parti cherche à présenter Vivas comme une voix plus ferme sur Ceuta, face au gouvernement Sánchez, qui adopte une approche plus prudente dans ses relations avec le Maroc.
Les critiques ont également visé la prise en charge des migrants, notamment après l’installation de plus d’un millier d’entre eux dans le port de Ceuta.
Le Parti populaire estime que cette mesure entrave le travail des services de sécurité. Il demande au gouvernement de préciser son plan de transfert et de prévoir des lieux adaptés pour ces migrants, plutôt que de les maintenir dans des installations destinées à d’autres fonctions.
Il a aussi appelé à déclarer l’état d’urgence, à modifier la législation sur les étrangers, à renforcer la présence de l’agence européenne Frontex et à mettre en place un plan économique spécifique pour la ville.
Le parti réclame également un commandement sécuritaire unifié, une politique migratoire plus claire et un soutien institutionnel et économique accru à Ceuta.
Sur les plans sécuritaire et diplomatique, il a demandé que la directrice du Centre national du renseignement soit entendue au Parlement pour expliquer la gestion de la crise. Il a aussi critiqué l’action diplomatique du gouvernement et réclamé des précisions sur les contacts avec le Maroc au cours de la période écoulée.
Cette escalade replace Ceuta au cœur des affrontements politiques espagnols. Le dossier dépasse désormais l’immigration pour devenir un enjeu électoral et sécuritaire directement lié aux relations avec le Maroc et l’Union européenne.
Le nouveau discours du Parti populaire traduit une volonté d’élargir le débat sur Ceuta : d’une crise migratoire à une question de sécurité nationale espagnole et européenne, ainsi que de politique étrangère envers le Maroc.
Le gouvernement Sánchez paraît, de son côté, soumis à une pression politique croissante d’une opposition qui cherche à transformer sa gestion des relations avec Rabat en point de faiblesse intérieure.
Alors que le Parti populaire réclame davantage de fermeté envers le Maroc et une présence européenne et sécuritaire renforcée à Ceuta, le dossier reste également marqué par la sensibilité des relations hispano-marocaines. Celles-ci sont passées, ces dernières années, d’une tension ouverte à une coopération étroite sur plusieurs sujets.
Au milieu de cette escalade, le parti a également salué les habitants de Ceuta, les services de sécurité et les travailleurs qui ont fait face aux conséquences de la crise au cours des dernières semaines.





