Le gazole approche 15,5 dirhams : les cours mondiaux accentuent la pression
La question du prix du gazole revient au centre du débat au Maroc après une forte hausse du diesel sur le marché international. Le prix de la tonne a dépassé 1 450 dollars le 7 septembre, selon les données présentées par Houssein El Yamani, secrétaire général du Syndicat national du pétrole et du gaz.
El Yamani associe cette hausse aux tensions géopolitiques et aux perturbations des chaînes d’approvisionnement énergétique et du transport maritime, ainsi qu’aux attaques contre certaines installations de raffinage et à la baisse des livraisons de produits pétroliers raffinés. Ces facteurs exercent une pression directe sur les cours internationaux du gazole.
Au Maroc, le prix du gazole s’approche désormais du seuil de 15 dirhams le litre. Le prix moyen a atteint environ 14,99 dirhams après la hausse enregistrée au début de septembre.
El Yamani met en garde contre un possible prix de 15,5 dirhams le litre si la hausse se poursuit sur les marchés internationaux. Ce chiffre reste toutefois une estimation liée à l’évolution du marché, et ne constitue ni une augmentation annoncée ni une décision officielle sur les prix.
Toute nouvelle hausse des carburants aurait des effets au-delà des stations-service. Le gazole entre directement dans le coût des transports. L’augmentation du coût d’acheminement des marchandises et des services peut progressivement se répercuter sur les prix de plusieurs produits, tandis que les citoyens subissent une pression supplémentaire sur leurs dépenses de déplacement et leur budget quotidien.
Le dossier des carburants retrouve ainsi sa place dans le débat économique et politique. Le prix du litre est devenu un indicateur que les citoyens ressentent plus directement que bien des chiffres économiques présentés dans les rapports officiels.
La libéralisation des prix des carburants et la capacité du marché marocain à absorber les chocs extérieurs reviennent également au premier plan. Le Maroc reste en effet largement dépendant des fluctuations internationales des produits pétroliers raffinés.
Dans ce contexte, El Yamani a de nouveau soulevé le dossier de la Samir. Selon l’approche qu’il défend, la reprise du raffinage au Maroc pourrait contribuer à sécuriser l’approvisionnement et à réduire une partie de la dépendance du marché national aux fluctuations extérieures.
Son discours comportait aussi des critiques politiques adressées à Abdelilah Benkirane et Aziz Akhannouch sur la gestion des carburants et des prix. À l’approche des élections législatives, le pouvoir d’achat et les prix des combustibles deviennent ainsi difficiles à dissocier du débat électoral.
Les élections peuvent changer les visages et les programmes, mais les citoyens continueront de mesurer une grande partie des résultats des politiques économiques à ce qu’ils paient à la pompe, à leur facture de transport et au prix des marchandises. Si les cours internationaux poursuivent leur hausse, la marge de manœuvre du prochain gouvernement se réduira et les questions sur la gestion des carburants reviendront avec davantage de force.








