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تيزنيت.. اتهامات باستغلال موارد الجماعة لأغراض انتخابية

Tiznit : des accusations d’utilisation des moyens communaux à des fins électorales

Tiznit : des accusations d’utilisation des moyens communaux à des fins électorales

La compétition électorale à Tiznit est entrée dans une phase précoce après une plainte déposée par l’USFP de la province auprès du gouverneur contre Abdellah Ghazi, président de la commune et membre du bureau politique du RNI. Le parti l’accuse de mener une campagne avant son ouverture officielle et de mobiliser des moyens publics pour promouvoir sa présence politique personnelle.

Selon la plainte, les initiatives attribuées à Ghazi ne relèveraient plus de la communication institutionnelle ordinaire de la commune. Elles seraient devenues une opération de promotion politique préparant sa candidature éventuelle aux législatives du 23 septembre 2026.

L’USFP invoque l’organisation d’une conférence de presse aux frais de la commune, une couverture médiatique intensive des projets locaux et l’utilisation des activités du festival Timizart. Il y voit une stratégie de communication donnant au président du conseil un avantage politique avant le début de la compétition officielle entre partis et candidats.

La plainte souligne la frontière délicate entre le droit de la commune d’informer les habitants sur les projets publics et la transformation de ces projets en vitrine promotionnelle pour un responsable préparant sa candidature. Un projet communal n’est pas une affiche électorale différée, et le budget de la ville n’est pas censé devenir un fonds de communication au profit d’un candidat potentiel.

Qualifier ces activités d’infraction électorale ne peut toutefois reposer sur leur seule proximité avec le scrutin. La communication sur les projets communaux fait partie de l’action institutionnelle, sauf si les documents, les contenus publiés et leur financement révèlent une utilisation personnelle manifeste destinée à influencer les électeurs.

Le décret du 12 mars 2026 fixe au 23 septembre l’élection des membres de la Chambre des représentants. La campagne officielle commence le 10 septembre et s’achève à minuit le 22 septembre. La loi organique relative à la Chambre interdit l’utilisation des moyens des collectivités territoriales dans les campagnes. Elle incrimine également, entre la publication du décret du scrutin et l’annonce des résultats, les dons, promesses ou avantages administratifs destinés à influencer le vote.

L’issue de la plainte dépend donc de l’examen des dépenses engagées, des financeurs des activités médiatiques, du contenu des publications et de la place accordée au nom et à l’image du président par rapport à l’institution élue. Elle suppose aussi des indices concrets d’une communication orientée vers un objectif électoral.

Le parti plaignant demande au gouverneur et aux autorités compétentes d’intervenir pour garantir la neutralité des services publics et l’égalité des chances entre concurrents. Il estime qu’une frontière mal définie entre mandat électif et propagande partisane peut donner au gestionnaire des fonds publics un avantage inaccessible à ses adversaires.

Cette plainte constitue un premier test local sérieux des mécanismes de suivi de l’intégrité électorale, notamment après l’activation des commissions de contrôle en préparation du scrutin de septembre. Leur valeur ne se mesurera pas au nombre de réunions ou de communiqués, mais à leur capacité à examiner les faits et à publier des conclusions claires respectant la loi et les droits de toutes les parties.

La plainte ne constitue toutefois pas, à elle seule, une condamnation. Toute activité organisée par un conseil communal avant les élections ne devient pas automatiquement une campagne anticipée. Une démarche responsable exige l’examen des éléments et la possibilité pour Abdellah Ghazi de présenter ses explications avant toute conséquence juridique ou administrative.

Au moment de la rédaction de cet article, aucune réponse publiée du président de la commune de Tiznit n’avait été relevée sur les accusations contenues dans la plainte. Le dossier reste soumis à l’examen des documents et du droit, loin des échanges de slogans : l’intégrité électorale commence par une séparation claire entre les biens de la commune et les ambitions du candidat.

 

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