Le Maroc entend faire de la Coupe du monde 2030 bien plus qu’un événement sportif. Lors d’une intervention consacrée aux préparatifs de cette compétition, Fouzi Lekjaa, ministre de l’Économie et des Finances, a souligné que l’organisation du Mondial constitue un projet stratégique de long terme, appelé à générer des retombées économiques et sociales au-delà des six villes qui accueilleront les rencontres.
Rappelant les différentes candidatures du Royaume à l’organisation de la Coupe du monde depuis la fin des années 1990, Fouzi Lekjaa a indiqué avoir lui-même participé au dossier marocain pour l’édition 2026, alors qu’il faisait partie du gouvernement en 2017. Si cette candidature n’avait pas abouti, le Maroc dispose aujourd’hui, selon lui, de l’opportunité de concrétiser son ambition à travers l’organisation de l’édition 2030.
Le ministre a insisté sur la dimension stratégique de ce projet, conduit sous l’impulsion du Roi Mohammed VI, estimant qu’il ne saurait être soumis aux considérations de gains ou de pertes politiques. Il a également appelé à dépasser les approches restrictives pour privilégier une mobilisation collective autour de cet événement.
Un Mondial à dimension africaine
L’édition 2030 revêt une portée particulière puisqu’elle marquera le centenaire de la première Coupe du monde et sera organisée conjointement par le Maroc, l’Espagne et le Portugal, sur deux continents.
À ce titre, Fouzi Lekjaa a rappelé que le Maroc représente également l’Afrique dans cette organisation tripartite. Il a ainsi plaidé pour une mobilisation qui dépasse les seules institutions, en associant les pays africains, leurs jeunes et leurs entreprises aux opportunités offertes par la compétition.
L’objectif, a-t-il expliqué, est de faire de ce Mondial un levier de création de richesse, de développement des opportunités pour les jeunes et de valorisation du parcours de développement engagé par le Royaume depuis plusieurs décennies. Il a notamment évoqué les retombées en matière de rayonnement international, mais aussi les bénéfices économiques et concrets susceptibles de se matérialiser sur le terrain.
38 zones pour élargir les retombées au-delà des villes hôtes
Conscient que les grandes manifestations internationales ne profitent pas nécessairement à toutes les régions de manière équivalente, le ministre a souligné la nécessité d’élargir autant que possible le cercle des bénéficiaires.
Dans cette perspective, le dispositif marocain ne se limite pas aux six villes retenues pour accueillir les matchs. Le cahier des charges prévoit également 38 zones susceptibles d’abriter les camps de base et les lieux de résidence des sélections participantes.
Cette organisation doit permettre aux équipes de séjourner dans des régions différentes de celles où elles disputeront leurs rencontres. Une sélection appelée à jouer à Rabat, par exemple, pourrait ainsi établir son camp de base à Agadir, Tanger ou Marchica, avant de se déplacer pour son match et de regagner ensuite son lieu de résidence.
Cette approche vise à répartir une partie de l’activité liée à la compétition sur un territoire plus large et à permettre à davantage de régions de bénéficier de ses retombées.
Le TGV et les infrastructures dans une vision de développement à long terme
Fouzi Lekjaa a également tenu à préciser que les grands projets d’infrastructures ne sont pas engagés uniquement en prévision du Mondial 2030. Ils s’inscrivent, selon lui, dans une dynamique de développement engagée depuis plusieurs décennies.
Il a notamment évoqué le prolongement de la ligne à grande vitesse vers Marrakech, avec l’ambition de poursuivre, à terme, son extension vers Agadir et les provinces du Sud, en fonction de la maturité des projets d’investissement.
Le ministre a aussi cité les améliorations prévues sur le réseau ferroviaire classique, notamment la modernisation et l’électrification de la ligne en direction d’Oujda, ainsi que le renforcement de la desserte de Fès et de Meknès grâce à leur connexion au réseau à grande vitesse via Kénitra.
Ces investissements doivent contribuer à améliorer les conditions de déplacement, réduire les temps de trajet et renforcer la connectivité entre les différentes régions du Royaume.
Pour le ministre, ces chantiers relèvent d’une vision nationale qui dépasse largement l’échéance de 2030. Il a rappelé que le Maroc a déjà accueilli plusieurs grands rendez-vous internationaux, notamment la COP22 et la Coupe d’Afrique des nations, tout en poursuivant ses projets de développement dans différents secteurs.
En conclusion, Fouzi Lekjaa a affirmé que le fil conducteur des politiques publiques, de l’action gouvernementale et de la préparation du Mondial demeure le même : servir le Maroc et les intérêts des citoyens. Une manière de rappeler que l’organisation de la Coupe du monde doit être envisagée comme un projet national de long terme, dont les bénéfices sont appelés à dépasser le seul cadre sportif.








