Colère dans le cinéma marocain après des propos qualifiant ses professionnels de « voleurs de bétail » au Parlement
Des déclarations prononcées lors d’une séance parlementaire, employant le terme « voleurs de bétail » à propos des professionnels du cinéma et des artistes, ont suscité une vague d’indignation dans les milieux cinématographiques et culturels marocains. Plusieurs professionnels y ont vu une offense à un secteur qui contribue au rayonnement culturel et économique du Royaume.
Plusieurs acteurs du cinéma ont souligné que les travailleurs du secteur ne se limitent pas à la production artistique : ils contribuent aussi à créer des emplois, à attirer des investissements et à représenter le Maroc dans les festivals et les rendez-vous internationaux, tout en consolidant l’identité culturelle nationale.
Des professionnels ont refusé de réduire le cinéma à des qualificatifs qu’ils jugent injustes. Ils ont insisté sur la nécessité de fonder le débat institutionnel sur des données précises et une évaluation objective, loin des jugements généraux susceptibles de nuire à l’image du métier.
Dans ce contexte, Saïd Zribiâ, président de la Fédération marocaine de l’industrie cinématographique, a affirmé que le réalisateur Amine Nassour dispose des qualifications professionnelles et légales nécessaires pour présider la commission d’aide à la production cinématographique. Il a appelé au respect des institutions et des compétences nationales.
Plusieurs professionnels, dont Abdelilah El Jaouhari, ont pour leur part estimé que la nomination d’Amine Nassour s’inscrit dans les procédures en vigueur et que le travail de la commission doit être évalué à partir de ses résultats, et non de positions préconçues ou de jugements personnels.
Le producteur Ayoub El Mahjoub a également expliqué que le système d’« avance sur recettes » constitue un mécanisme de financement des projets cinématographiques soumis à des conditions et à des critères définis. Il a souligné l’importance de renforcer la transparence à toutes les étapes de sélection des projets et des membres des commissions.
Des acteurs du secteur ont averti que mettre en cause les compétences des membres des commissions sans données documentées pourrait nuire aux efforts de réforme du système d’aide au cinéma et créer des tensions dans le milieu professionnel.
Les intervenants ont réaffirmé la légitimité du débat sur la gestion des aides publiques. Ils estiment toutefois qu’il doit reposer sur le respect des personnes et des institutions, ainsi que sur les compétences et les résultats, afin de servir le développement du cinéma marocain et de renforcer sa place dans le paysage culturel national et international.








