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Santé mentale au Maroc : 6,5 millions de personnes concernées, selon des professionnels

Santé mentale au Maroc : 6,5 millions de personnes concernées, selon des professionnels

Santé mentale au Maroc : 6,5 millions de personnes concernées, selon des professionnels

Environ 6,5 millions de Marocains souffriraient de troubles psychiques, dont près de deux millions d’enfants et de jeunes, selon des données communiquées par l’Alliance professionnelle des psychologues cliniciens exerçant dans le secteur libéral au Maroc. L’organisation alerte sur les difficultés d’accès aux soins et sur l’écart croissant entre les besoins de la population et les capacités de prise en charge disponibles.

Dans un communiqué publié à l’occasion de la Journée mondiale de la santé mentale, l’Alliance indique qu’environ 85 % des personnes ayant besoin d’un accompagnement psychologique ne bénéficieraient pas de soins adaptés. Ces chiffres mettent en évidence, selon les professionnels, les défis auxquels le système de santé marocain reste confronté dans ce domaine.

L’organisation attribue cette situation à plusieurs facteurs, notamment le manque de ressources humaines spécialisées, l’insuffisance des infrastructures dédiées à la santé mentale et les inégalités territoriales et sociales. Ces contraintes limitent l’accès aux consultations, au diagnostic et aux traitements, particulièrement pour les personnes disposant de moyens financiers réduits ou vivant dans des zones où l’offre de soins demeure limitée.

L’Alliance a salué le Plan national de santé mentale à l’horizon 2030, auquel une enveloppe budgétaire d’environ quatre milliards de dirhams serait consacrée, selon les données communiquées. Elle estime toutefois que l’amélioration de la prise en charge nécessite des mesures concrètes pour renforcer l’offre de soins, faciliter l’accès aux services et garantir leur qualité.

Parmi ses principales revendications figure la réforme du cadre juridique régissant la profession de psychologue clinicien. L’organisation appelle à clarifier les conditions d’exercice et à mettre en place des garanties permettant d’assurer la qualité des prestations, dans un secteur où la réglementation professionnelle constitue un enjeu important pour les praticiens comme pour les patients.

L’Alliance demande également l’élargissement de la couverture médicale aux consultations et aux traitements psychologiques. Une telle mesure permettrait, selon elle, de réduire les dépenses supportées par les familles et de faciliter l’accès aux soins pour les personnes qui renoncent à consulter en raison du coût des prestations.

Sur le plan institutionnel, les professionnels plaident pour une participation accrue des psychologues cliniciens à l’élaboration, à la mise en œuvre et à l’évaluation des politiques publiques de santé mentale. Ils insistent également sur la nécessité de renforcer la coordination entre les différents acteurs afin d’assurer une meilleure continuité entre la prévention, le diagnostic, le traitement et l’accompagnement.

Une attention particulière devrait, par ailleurs, être accordée aux enfants, aux adolescents et aux catégories les plus vulnérables. L’organisation appelle aussi à intensifier les actions de sensibilisation contre la stigmatisation et les discriminations associées aux troubles psychiques, qui peuvent constituer un obstacle supplémentaire à la recherche d’une aide professionnelle.

Enfin, l’Alliance souligne l’importance d’associer les patients et leurs familles aux décisions concernant les services de santé mentale, afin que les dispositifs proposés tiennent davantage compte de leurs besoins et de leur expérience.

À travers ces revendications, les professionnels remettent au centre du débat la question de l’accès aux soins psychologiques au Maroc. La concrétisation des objectifs annoncés dépendra notamment du renforcement des ressources humaines, de l’amélioration des infrastructures, de l’évolution du cadre réglementaire et de la capacité à rendre les consultations et les traitements financièrement accessibles à une plus grande partie de la population.

Les chiffres mentionnés dans cet article sont ceux communiqués par l’organisation professionnelle et n’ont pas été vérifiés de manière indépendante.

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