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Le Polisario hausse le ton contre Staffan de Mistura et menace de revoir sa coopération avec l’ONU

Le Polisario hausse le ton contre Staffan de Mistura et menace de revoir sa coopération avec l’ONU

À l’approche de l’adoption de la nouvelle résolution du Conseil de sécurité sur la MINURSO, le Front Polisario durcit sa position à l’égard de Staffan de Mistura, l’envoyé personnel du secrétaire général des Nations unies pour le Sahara occidental. En cause, des déclarations qui lui sont attribuées au sujet d’une autonomie réelle sous souveraineté marocaine, présentée comme une base de négociation pour parvenir à une solution politique au différend.

Selon les éléments rapportés sur la position du mouvement, sa direction estime que ces déclarations portent atteinte à la neutralité attendue de l’envoyé onusien et s’inscrivent dans une approche qu’elle juge favorable à la position marocaine. Le Polisario aurait ainsi demandé au secrétaire général de veiller au respect du mandat de son représentant, tout en évoquant la possibilité de réévaluer sa coopération avec lui si cette orientation devait se poursuivre.

Cette réaction met en lumière une difficulté inhérente à toute médiation internationale : l’envoyé doit dialoguer avec des parties aux positions opposées sans pour autant être tenu d’adopter leurs analyses respectives. La neutralité ne signifie pas que le médiateur doit s’en tenir aux attentes de chaque partie, ni que toute approche qui ne correspond pas à ses préférences constitue nécessairement un signe de partialité.

Cela ne signifie pas que les réserves exprimées par le Polisario doivent être écartées. Toute contestation concernant les déclarations ou la conduite d’un médiateur peut faire l’objet d’explications et d’un examen. Toutefois, la menace de revoir la coopération soulève une question politique essentielle : s’agit-il de demander des garanties supplémentaires sur la neutralité de la médiation ou de contester une orientation qui ne correspond pas aux objectifs du mouvement ?

Le débat intervient dans un contexte diplomatique marqué par l’évolution des discussions au sein des Nations unies. La résolution 2797 du Conseil de sécurité, adoptée en octobre 2025, a appelé à des négociations fondées sur la proposition marocaine d’autonomie, dans l’objectif de parvenir à une solution politique définitive et mutuellement acceptable. Cette orientation ne signifie pas que tous les aspects du différend sont réglés, mais elle confirme la place accordée à la recherche d’un compromis politique négocié.

Le Polisario a également fait référence aux déclarations de l’ancien envoyé personnel de l’ONU, Peter van Walsum, qui avait estimé en 2008 que l’indépendance n’était pas une option réaliste. Ce rappel illustre la persistance du désaccord sur les solutions envisageables, mais les prises de position historiques ne suffisent pas, à elles seules, à déterminer l’issue du processus actuel.

À l’approche du renouvellement du mandat de la MINURSO, prévu le 31 octobre 2026, le Polisario est confronté à un enjeu qui dépasse la contestation des déclarations de Staffan de Mistura : préciser les conditions dans lesquelles il entend poursuivre sa participation au processus politique et présenter des propositions susceptibles de faire avancer les négociations.

Au-delà des déclarations et des menaces de réévaluation de la coopération, l’efficacité d’une position diplomatique se mesure à sa capacité à contribuer à une solution négociée. Si chaque divergence d’appréciation avec le médiateur se transforme en crise de confiance, le processus onusien risque de s’enliser davantage, au détriment des perspectives de règlement d’un différend qui perdure depuis plusieurs décennies.

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