Ouzzine attaque la loi sur le Conseil de la presse et accuse le gouvernement de marginaliser les journalistes
Mohamed Ouzzine, secrétaire général du Mouvement populaire, a lancé une attaque directe contre le gouvernement après l’adoption du projet de loi sur le Conseil national de la presse. À ses yeux, cette décision traduit moins une réforme professionnelle qu’une volonté politique de faire passer un texte sans les journalistes eux-mêmes.
Dans une publication au ton nettement offensif, Ouzzine a accusé le gouvernement d’ignorer les voix des acteurs des médias et de poursuivre l’adoption de la loi malgré les nombreuses objections.
Pour lui, la question n’est plus technique ou organisationnelle. Elle devient un choix politique au service d’un groupe restreint qu’il qualifie de « voleurs de bétail de la presse », auquel seraient accordés des privilèges supplémentaires sans véritables mécanismes de contrôle. Le Conseil devrait pourtant encadrer la profession, plutôt que servir de porte d’entrée à la reproduction de la rente en son sein.
L’avertissement du secrétaire général du Mouvement populaire porte aussi sur le fond. Ouzzine estime que la loi, dans sa version adoptée, risque d’aggraver la futilité et la vulgarité dans le paysage médiatique, au lieu d’en améliorer les pratiques professionnelles et éthiques. Selon lui, ce texte ne protège ni la qualité ni la responsabilité et pourrait favoriser une dégradation plus profonde du discours médiatique, au détriment du rôle éclairant de la presse.
Réagissant à la polémique sur le résultat du vote en commission parlementaire, Ouzzine a rejeté ce qu’il appelle les « contre-vérités qui circulent ». Il affirme que la comparaison entre majorité et opposition dans ce contexte manque de précision.
Il a expliqué que le président de la commission parlementaire ne dispose pas du pouvoir de trancher ou de décider : son rôle se limite à diriger les travaux. Il cherchait ainsi à replacer le débat dans son cadre institutionnel.
La publication dépasse une simple objection ponctuelle. Elle intervient dans un contexte politique tendu, après une séance au cours de laquelle la majorité a adopté le projet de loi alors que les composantes de l’opposition, dont le groupe du Mouvement populaire, s’étaient retirées collectivement. Ce retrait se voulait un message politique clair : le texte avait perdu sa dimension consensuelle et était passé par la force du nombre, plutôt que par celle de la conviction.
Ouzzine a conclu en affirmant que le gouvernement semblait déterminé à faire adopter la loi, quel qu’en soit le coût politique. Il a promis de détailler ultérieurement sa position. Ce message laisse entendre que la bataille autour de la loi sur la presse reste ouverte et que le conflit sur la représentation de la profession et sur les décisions concernant son avenir ne fait que commencer.







